Préparer un shooting avec des enfants, et notamment des tout petits, ne consiste pas uniquement à réserver un studio, choisir des mannequins et établir un planning. Une grande partie de la réussite de la journée se joue avant même l’arrivée des familles. Comment construire un plan de tournage adapté à chaque enfant ? Pourquoi certaines informations, comme les horaires de sieste ou les habitudes alimentaires, peuvent-elles influencer directement la qualité des images ? Et pourquoi la préparation est-elle encore plus importante lorsqu’on travaille avec de jeunes mannequins ?
Après plusieurs années de shootings réalisés pour des marques de l’univers de la famille, nous avons acquis une certitude : un shooting réussi repose bien davantage sur ce qui a été anticipé en amont que sur la capacité de l’équipe à improviser le jour J.
Un plan de tournage construit autour des bébés
Dans un shooting classique, le planning est souvent organisé autour des produits, des décors ou des changements de tenue. Lorsque des bébés ou des enfants sont au cœur de la production, cette logique ne suffit plus.
Chez Bilbokid Studio, le plan de tournage est construit à partir des enfants eux-mêmes. Avant chaque production, nous prenons le temps d’échanger avec les familles afin de mieux connaître chaque mannequin et d’anticiper tout ce qui pourrait influencer le déroulement de la journée.
Selon l’âge de l’enfant et le type de shooting, nous recueillons notamment des informations sur :
- ses horaires habituels de sieste et de repas ;
- son rythme de la journée ;
- les aliments qu’il apprécie ou qu’il refuse, lorsqu’une scène implique un repas ;
- les jeux qui captent facilement son attention ;
- les matières ou accessoires qu’il n’aime pas porter ou manipuler ;
- son aisance avec des personnes qu’il ne connaît pas.
Ces informations peuvent sembler anecdotiques. Elles sont pourtant précieuses.
Un bébé disponible à 9 heures ne le sera peut-être plus une heure plus tard. Un tout-petit qui refuse systématiquement une certaine texture compliquera inutilement (sauf si cela est désiré !) une scène de repas si cette information n’a pas été anticipée. À l’inverse, connaître ses habitudes permet souvent de créer des situations beaucoup plus naturelles et d’éviter des blocages qui ralentiraient toute la production.
Le plan de tournage devient alors un véritable outil d’organisation, pensé autour des capacités et du rythme des tout petits plutôt qu’autour de contraintes purement logistiques.
Exemple de shooting bébé pour les Aliments de l’enfance 0-3 ans :











📷 : Aurélie Mauris Photographe
Préparer un plan précis… tout en laissant une place à l’imprévu
Cette préparation très détaillée ne signifie pas que tout est figé.
Les enfants restent spontanés et c’est précisément cette spontanéité qui donne vie aux images, surtout chez les plus petits. Le rôle du plan de tournage n’est donc pas d’imposer un déroulé rigide, mais de fixer un cadre suffisamment solide pour permettre à l’équipe de s’adapter sereinement lorsque cela devient nécessaire.
Il arrive qu’un enfant soit particulièrement à l’aise et permette d’enchaîner plusieurs scènes plus rapidement que prévu. À l’inverse, un besoin de pause, un moment de jeu improvisé ou quelques minutes supplémentaires passées avec un parent peuvent totalement modifier le rythme initial.
L’expérience consiste justement à savoir quand suivre le planning… et quand accepter de s’en éloigner.
L’objectif n’est jamais de respecter un timing à la minute près. Il est d’obtenir les meilleures images possibles tout en respectant le rythme de chaque enfant.
Les premières minutes déterminent souvent le reste du shooting
Avec les bébés et les très jeunes enfants, nous évitons presque toujours de commencer directement par des prises de vue où ils sont seuls.
Même si cela représente quelques minutes supplémentaires au démarrage, nous préférons débuter par une scène avec l’un des parents. Quelques instants dans les bras de leur mère ou de leur père, un jeu partagé ou une interaction naturelle permettent à l’enfant de découvrir progressivement son nouvel environnement.
Cette étape est souvent décisive.
L’enfant prend le temps d’observer le studio, les lumières, le photographe et les autres membres de l’équipe sans ressentir de rupture brutale avec son environnement habituel. Lorsqu’il est ensuite photographié seul, il est généralement beaucoup plus détendu et disponible.
En pratique, ces quelques minutes investies au début permettent souvent d’éviter des pleurs, des refus ou de longues phases de réassurance par la suite. Ce qui peut sembler être une perte de temps devient en réalité un véritable gain de fluidité pour le reste de la production.
Lorsque l’enfant arrive, le shooting a déjà commencé
C’est un point que beaucoup d’annonceurs découvrent lors de leur premier shooting avec des mannequins bébés.
Le temps de mise à disposition du mannequin débute dès son arrivée sur le plateau et il est réduit, avant 3 ans, à une heure de shooting maximum (intégrant une pause). Autrement dit, chaque minute passée à monter un produit, déplacer un décor, chercher un accessoire ou régler un éclairage est une minute pendant laquelle le temps de présence de l’enfant est déjà consommé. Or ce temps est particulièrement précieux.
La réglementation encadre strictement les durées de travail des mannequins mineurs. Les créneaux de présence sont courts et doivent être utilisés exclusivement pour produire des images.
C’est pourquoi tout ce qui peut être préparé avant l’arrivée des familles doit l’être. Chez Bilbokid Studio, les produits sont systématiquement montés, nettoyés et vérifiés avant le début du shooting. Les décors sont installés, les accessoires sont positionnés, les lumières sont réglées et les essais techniques sont réalisés en amont.
Notre objectif est simple : lorsque l’enfant franchit la porte du studio, tout doit être prêt.
Le temps de présence du mannequin doit être consacré à interagir avec lui, jamais à effectuer des opérations de préparation qui auraient pu être anticipées.
Une préparation rigoureuse laisse davantage de place au naturel
Il existe une idée reçue selon laquelle les plus belles images seraient le fruit de l’improvisation.
Notre expérience nous montre exactement l’inverse.
Plus un shooting est préparé, plus l’équipe est disponible pour observer les enfants, rebondir sur leurs réactions et saisir les expressions naturelles qui feront la qualité des images.
Lorsque les produits sont installés, que les prises de vue sont hiérarchisées et que chacun connaît son rôle, toute l’attention peut être portée sur l’essentiel : créer une interaction authentique entre l’enfant et le produit.
La spontanéité ne s’improvise pas.
Elle se rend possible grâce à une organisation suffisamment solide pour laisser toute la place aux moments inattendus.
Préparer un shooting enfant ne consiste pas à tout contrôler. Il s’agit d’anticiper tout ce qui peut l’être afin que, le jour J, l’équipe puisse se consacrer pleinement aux enfants et aux images.
C’est cette préparation, souvent invisible pour les marques, qui permet de produire des contenus naturels, exploitables et conformes aux objectifs de communication, tout en respectant le rythme et le bien-être des jeunes mannequins.
Après plusieurs centaines de shootings pour des marques de l’univers de la famille, nous sommes convaincus d’une chose : la qualité d’un shooting ne dépend pas uniquement de ce qui se passe devant l’objectif. Elle dépend surtout de tout ce qui a été pensé, préparé et anticipé avant le premier déclenchement.